Mccullers Carson Livres : Reflets dans un oeil d or

Reflets dans un oeil d or


Reflets dans un oeil d or est le récit des abîmes. Ceux de l âme et de l instinct, qui précipitent les personnages dans le drame. Dans un fort du Sud américain, un meurtre est commis : drame passionnel dirait-on d abord. Le capitaine Penderton tue le soldat Williams qu il trouve une nuit près de sa femme endormie. Ajoutons qu en fond se déroule une seconde tragédie. La femme du commandant Langdon meurt de chagrin en découvrant qu il est l amant de ladite femme du capitaine. Mais dans les romans de McCullers, la réalité n a que l apparence de la banalité. Comme Camus, la jeune écrivain s intéresse à ce moment où, tels des pantins, les personnages n obéissent plus qu à la ficelle de l impulsif. Alors surgit le tragique, soudaine et violente irruption du mal, inhérent à la condition humaine. Reflets dans un oeil d or (1941) est le second roman de Carson McCullers, après Le Coeur est un chasseur solitaire (1940), qui la révéla. Il fut porté à l écran par John Huston et interprété par Elisabeth Taylor et Marlon Brando. --Laure Anciel

Subtiles relations - Dans un fort aux Etats-Unis durant l’entre deux guerres Léonora, la femme du major Penderton entretient une liaison avec le colonel Langdon. La femme de ce dernier, délaissée, vit un amour platonique avec son garde malade, un jeune Philippin. L’attirance du soldat William pour Léonora et les sentiments ambigus que le major Penderton développent pour celui-ci vont conduire à un drame.Malgré le sujet, ce livre n’a rien d’un vaudeville ou d’un polar, il se rapprocherait plutôt du roman psychologique. Magnifiques personnages, tous singuliers et contrastés, en particuliers les personnages masculins : Le soldat William, être solaire et animal, le garde-malade dont l’amour pour la femme du colonel dépasse le concevable (la plus belle déclaration d’amour que j’ai jamais lue page 65) et surtout le major Penderton, froid, impuissant, incapable de se comprendre. Les acteurs de ce petit monde observent, désirent ou aiment, chacune de ces actions restant bien indépendante des autres. L’évolution de l’histoire donne lieu à quelques beaux et étonnants passages. Ces individus agissent de façon irrationnelle mais cohérente au vu des circonstances. L’auteure traduit de façon incroyable les souffrances que peut causer une forte sensibilité. Autre avantage de cette édition, la préface éclaire bien l’œuvre.Cela se lit d’une traite, hélas, car on voudrait prolonger le bonheur de la lecture. On en ressort ébloui avec le sentiment d’avoir appris sur la nature humaine.




Reflets dans un oeil d or